Les Ados et la chirurgie esthétique

De plus en plus les chirurgiens plasticiens doivent faire face à une nouvelle demande : celle émanant des ados. La période de la puberté est souvent associée à une quête d’identité à un moment où la personnalité n’est pas encore affirmée. Le désir de changement physique est parfois si important qu’il peut engendrer des retentissements psychologiques graves. Certaines émissions télévisées banalisant la chirurgie esthétique accroit ce désir de changement. Le rôle des parents est primordial et ils doivent être très attentifs à ce type de demande.

Le chirurgien plasticien doit s’efforcer de comprendre les réelles motivations de ces ados soucieux de leur image. C’est dire l’importance de la consultation et la grande prudence qui s’impose dans l’indication opératoire. Le recours, dans certains cas, à un psychologue peut s’avérer nécessaire. N’oublions pas que si la finalité est bien l’amélioration de l’apparence et l’esthétique, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’abord et avant tout d’un acte de chirurgie dont il faudra faire prendre conscience des risques possibles. L’accord parental du père et de la mère est indispensable pour un mineur.

Quelles sont les demandes les plus fréquentes ?

En numéro 1 : la rhinoplastie. Elle peut être réalisée à partir de 16-17 ans, lorsque la croissance nasale est terminée. La technique est classique, avec le plus souvent suppression d’une bosse disgracieuse et affinement du nez. Cette rhinoplastie est parfois associée à une chirurgie fonctionnelle en cas de déviation de la cloison nasale.

Viennent ensuite :

Les oreilles décollées (otoplastie): chirurgie du jeune scolarisé et victime de moqueries de ses camarades. C’est souvent l’enfant qui en fait la demande spontanément accompagné de ses parents. Il est possible d’intervenir dès l’âge de 8 ans. L’intervention est réalisée en ambulatoire (1 journée d’hospitalisation).

Seins trop gros : hypertrophie mammaire qui entraîne un trouble fonctionnel par la répercussion du poids des seins sur la statique vertébrale, en plus d’une gêne esthétique. L’intervention est possible dès l’âge de 17-18 ans, à la fin de la croissance mammaire. Une mammographie est systématique, on peut également s’aider d’une évaluation de l’âge osseux par une radiographie du poignet.

Seins peu développés en taille et volume: hypotrophie mammaire : les seins peu développés peuvent générer une atteinte à la féminité de ces jeunes adolescentes. Il faudra être prudent dans l’indication opératoire d’une prothèse mammaire : celle-ci devra être changée si besoin tous les 10-15 ans. L’intervention est réalisée entre l’âge de 18 et 22 ans.

La liposuccion d’une culotte de cheval : intervention très demandée également. Les régimes et le sport ne permettent pas l’amélioration souhaitée. La disgrâce peut être très localisée, avec difficulté de trouver des vêtements adaptés. Le poids doit être stable. L’intervention est possible dès l’âge de 17-18 ans.

Excès de graisse au niveau des pectoraux : gynécomastie des adolescents : il s’agit du développement des glandes mammaires chez un jeune homme. Ce trouble assez fréquent génère des complexes, au point de ne plus vouloir se mettre en maillot de bain ou torse nu en public. Un bilan endocrinien est indispensable avant l’intervention, associé à un bilan rénal et hépatique. Ce bilan pourra être complété par des examens radiologiques. Parfois il s’agit d’une fausse ou d’une pseudo-gynécomastie, en rapport avec un excès de graisse : on parle dans ce cas d’adipomastie. La liposuccion est alors tout à fait indiquée.

Les séquelles d’acné : elles sont généralement traitées après la puberté. Il existe différentes techniques, les plus fréquemment utilisées sont les Peelings, le Laser, la Lumière-Ultra-Pulsée en sachant que plusieurs séances doivent être envisagées et une absence d’exposition solaire. Un mini-lift peut parfois être utile pour lisser la peau et atténuer les cicatrices.

A côté de ces demandes à visée esthétiques il existe des demandes en rapport avec une malformation. Parmi les plus fréquentes :

Les asymétries mammaires (de volume, de forme, de position de l’aréole …) obligeant parfois à compenser le volume dans le soutien gorge.

Les malformations du sein : seins tubéreux, dus à une malformation congénitale entrainant un trouble de la croissance du sein. La base du sein est réduite, avec une aréole large et saillante, on parle de protrusion de l’aréole. Le traitement chirurgical nécessite souvent la mise en place de prothèse mammaire.

Absence de développement du sein : agénésie mammaire ou amastie : elle se caractérise par l’absence de sein (hypotrophié) dont la correction impose la mise en place d’une prothèse mammaire.

Mamelon surnuméraire : le traitement consiste à le supprimer chirurgicalement au prix d’une minime cicatrice. L’analyse histologique est systématisue.

Malformations du visage :

Nourrisson : Fentes labio-palatines : malformation qui entraine une communication entre la cavité buccale et les fosses nasales. Le diagnostic anténatal est fait par échographie, et le nourrisson peut être opéré très tôt, à 15 jours. Une équipe pluridisciplinaire permet une prise en charge efficace.

Dysmorphies du visage : trop fuyant ou trop projeté (rétrognatie ou prognatie) nécessitant des interventions maxillo-faciales et une prise en charge pluridisciplinaire.

Malformations du thorax : ou thorax en entonnoir (Pectus excavatum). Il s’agit de la déformation congénitale la plus fréquente du thorax, caractérisée par un enfoncement « en entonnoir » du sternum.

Les tumeurs bénignes congénitales (naevus géant, angiomes…) dont le traitement est chirurgical ou parfois par laser.